ECRITS
PEINDRE
Le bleu s’accrochait à la fibre, comme aux ourlets de son intérieur.
Le personnage émergea du recoin d’une pliure, grand, élancé, insoupçonné avant son regard.
Eternelle représentation d’un humain suspendu hors du temps, flottant dans un monde échappant aux contraintes de ce siècle.
L’ombre portée du pinceau marquait le corps de petites traces noires, touches contrastées dans le clair obscur du relief.
L’odeur douce de la térébenthine enveloppait l’espace d’un halo.
Le chevalet portait sa charge, tel un animal de labeur.
Sur la palette, le liant onctueux miroitait le Prusse du tube.
Toujours et toujours revenir.
Autant de détails sculptés arrachés à l’espace vierge.
“Oil on canvas” jamais le terme de canevas ne lui avait parût plus approprié.
Tisser, entremêlant les points fabriqués par les coups du pinceau.
Quand le soleil disparut de la fenêtre de l’atelier, le regard parcourut la surface bleutée.
Cézanne regardait, souriant, une chaise à la main, à la sortie de son atelier des Lauzes.
Un gros soupir envahit la pièce, puis la lame froide du cutter ouvrit la toile en deux.
LA PEAU D'AME
MEMOIRES OUBLIEES
L’écartement du jour ouvre les distances
La nuit les referme
Ou pas
Eau
Vent
plus rien n'est évident.
LES POLAROIDS
LES POLAROIDS (extraits)
